Où es-tu? de Marc Levy

Je sais à quoi tu penses, Susan, ça ne ressemble peut-être pas à la passion, mais au moins ça ne fais pas mal. Je n’ai pas le coeur comprimé toute la journée par le poids de ses absences, parce que je sais que je la retrouverai le soir. Je ne regarde pas le téléphone tout l’après-midi en me demandant qui des deux a appelé la dernière fois. Je ne redoute pas de m’être trompé dans le choix du restaurant ou dans ma façon de m’être habillé, ou de dire quelque chose qui ne lui fasse porter un jugement définitif. Avec elle je n’ai pas l’estomac qui se noue le matin quand je me réveille à ses côtés, parce qu’en ouvrant les yeux je la retrouve blottie contre moi. Je ne vis pas dans l’attente, mais dans l’instant. Elle m’aime, tel que je suis. Ce n’est peut-être pas encore un amour enflammé qui nous unit, mais c’est un rapport humain.

Il ne gaut dépendre que de soi; les gens sont libres, et l’attachement est une absurdité, une incitation à la douleur. (je ne partage pas vraiment ce point de vue, mais bon…)

– La vie d’une Senora est auprès de l’homme qu’elle aime!

– Ta phrase est stupide.

– Je ne vois pas en quoi. Un homme aussi doit être près de la femme qu’il aime.

– Ce n’est pas toujours aussi facile

– Pourquoi êtes-vous si compliqués vous les gringos?

– Parce qu’on a perdu les raisons de la simplicité, c’est ce qui me fait aussi aimer être chez vous. Ca ne suffit pas d’aimer, il faut aussi être compatible.

– Qu’est-ce que ça veut dire?

– Qu’il faut aimer la vie que l’on va mener avec l’autre, partager ses envies, ses attentes, avoir les mêmes objectifs, les mêmes désirs…

Quand on vit au côté des gens on ne se rend pas compte qu’ils changent, et c,est comme cela qu’on finit par les perdre.

Partir n’est pas toujours un abandon, c’est aussi une façon de préserver ce qui a ét¸é vécu si l’on sait s’en aller avant qu’il ne soit trop tard.

Fréquenter la mort au quotidien, c’est vivre une profonde et envahissante solitude, une contagion.

L’enfance a ses vertus. Elle nous sert à construire les fondations de nos rêves et de nos vies. C’est dans cette mémoire que tu viendras puiser tes forces, fouiller tes colères, entretenir tes passions, et bien souvent repousser les frontières de tes peurs, et de tes limites.

Je t’ai aimé vieux au premier jour, c’est comme cela que j’ai su que je voulais faire ma vie avec toi, parce que l,idée d’un âge sans limites à tes côtés me rendait heureuse, parce que pour la première fois de ma vie je n’avais plus peur de l,éternité, pas plus que des affronts du temps, parce que quand tu entrais en moi je sentais tes forces et tes faiblesses et que j’aimais leur doux mariage. Mais je ne peux pas inventer notre vie toute seule, personne ne le peut. On n’invente pas sa vie sans amour, il faut le seul courage de la vivre.

On rêve d’un idéal, on le prie, on l’appelle, on le guette, et puis le jour où il se dessine, on découvre la peur de le vivre, celle de ne pas être à la hauteur de ses propres rêves, celle encore de les marier à une réalité dont on devient responsable. C’est si facile de renoncer à être adulte, si facile d’oublier ses fautes, de mettre l’erreur au compte d’une fatalité qui masque nos paresses.

~ par sindla sur lundi, 5 novembre, 07.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :